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Avec Spark, Microsoft veut faire émerger des jeunes pousses françaises en plein centre de Paris

Spark propose un programme d'accélérateur de start-ups en trois mois.
Microsoft a présenté vendredi son premier incubateur de start-ups, Spark. Cet espace de travail pour jeunes entrepreneurs est le 24e du genre à ouvrir à Paris.
Le géant du logiciel met à disposition des jeunes entrepreneurs, pendant trois mois, un local et des expertises technologiques. Pour la première promotion, treize projets ont été sélectionnés.


Le local se situe au premier étage d'un immeuble, dans le deuxième arrondissement de Paris, en plein coeur du Sentier, l'un des quartiers plébiscités par les start-up françaises. C'est ici que Microsoft a choisi d'installer son nouveau programme d'aide aux jeunes entrepreneurs du numériques : Spark. Depuis la fin mars, ils sont une quarantaine à occuper ce grand appartement de 300 mètres carrés. Outre une grande salle de travail, où sont installés plusieurs bureaux partagés, les participants disposent de trois petites salles de réunion et d'un mini-amphithéâtre. Start-up oblige, une cuisine et un bar sont également mis à disposition. Des tapis au sol et des murs rouge vif viennent compléter la décoration de ce nouvel espace dédié à la création. Si l'ambiance est en apparence décontractée - jeans et baskets sont de rigueur -, elle n'en est pas moins studieuse.

«  L'objectif de ce programme, c'est d'aller vite. Spark est un véritable accélérateur de projets », explique Alain Crozier, le patron de Microsoft France. Après une sélection des dossiers via une candidature sur Internet puis des entretiens avec des responsables de Microsoft, les candidats retenus ont trois mois pour aboutir à un « produit fini ». «  Avec ce programme, on veut se positionner en amont de la création de start-up. Le seul pré-requis pour participer est de venir avec une bonne idée et quelques compétences dans le développement logiciel », précise Roxanne Varza, en charge des programmes d'accompagnement de start-up chez Microsoft France. Chaque promotion devrait accueillir, tous les trois mois, entre douze et quinze projets, avec des équipes de deux à cinq personnes. Pour la majorité des participants, il s'agit d'une première expérience en tant qu'entrepreneurs. «  Ce qui est important, quand on démarre un projet d'entreprise, c'est la méthodologie. C'est le principal apport de Spark », considère Alain Crozier.

 

 

l y avait beaucoup de monde dans les locaux de Spark. Microsoft inaugurait ce vendredi matin son incubateur de start-ups à Paris. Situé dans le quartier du Sentier - lieu privilégié des acteurs parisiens de l'économie numérique - cet espace de 300 mètres carrés veut être un «accélérateur» de très jeunes entreprises. Treize startups y ont élu domicile depuis mars. Elles y bénéficient d'un accompagnement d'experts en technologie, business et design. Objectif pour les entrepreneurs: avoir un produit fini à la fin de la première session, qui doit s'achever en juin.

Microsoft «adore la France»
Du point de vue de la décoration, Spark ressemble à beaucoup d'autres incubateurs de start-ups. Murs rouge vif, objets décalés qui trônent sur les étagères, post-its multicolores. Dans la liste des choses à faire pour la journée, on peut choisir entre «se greffer un interphone sur le bras» ou «ramener une Xbox». L'ambiance se veut jeune et cool. Studieuse, aussi.

Mais ce vendredi, les grandes tables en bois sont surtout occupées par le buffet dressé pour la présentation à la presse. Pas d'ordinateurs en vue. L'inauguration se fait en présence d'Anne Hidalgo, manteau rose sur les épaules et grand sourire aux lèvres. Elle déclare voir en ce lieu le symbole du renouveau de la capitale. «Paris a retrouvé un niveau de dialogue avec les grandes capitales mondiales», affirme la première adjointe de Bertrand Delanoë, qui en profite pour saluer la «fidélité de Microsoft» à sa ville. L'entreprise américaine n'en est pas à son coup d'essai. Déjà en 2005, elle lançait Biz-Spark en France, programme en ligne destiné à aider les jeunes entreprises au développement. Après une expérience concluante, Microsoft a finalement étendu l'initiative au niveau mondial en 2008. «On adore Paris, on adore la France», s'exclame Alain Crozier, président de Microsoft France.

 

Il n'est pas le seul. En l'espace de quelques années, de nombreux géants de l'économie numérique ont investi dans la capitale. Google est notamment devenu partenaire du Camping, un autre accélérateur de start-ups lancé par l'association Silicon Sentier. Cette dernière compte d'ailleurs déménager d'ici l'automne, avec la création du Grand Lieu Intégré de l'Innovation, toujours dans le deuxième arrondissement. On y retrouvera aussi la Cantine, un espace de coworking également créé par l'association. Google va investir 1 million d'euros dans cet espace de 1500 mètres carrés.

En tout, ce sont pas moins de 24 incubateurs qui ont été créés à Paris en 4 ans, avec la bénédiction de la mairie. D'après Anne Hidalgo, cette dernière a déjà investi 1 milliard d'euros dans le dévelopement de l'économie numérique. Un moyen de transformer Paris en une véritable capitale du numérique et ainsi faire conccurence à Londres et sa fameuse «tech city».

Une opportunité pour les start-ups
Pourquoi choisir Spark plutôt qu'un autre incubateur? Pour les créateurs de l'application Youmiam, la différence s'est surtout faite au niveau de la sélection, qui consiste au dépot d'un dossier de candidature et un entretien. «Ce qui nous plaît ici, c'est qu'on nous a pris au tout début de notre start-up», explique Théophile de La Bastie. «C'est rare de pouvoir intégrer un incubateur à un stade aussi jeune.» La formation courte - trois mois au maximum - est un autre avantage apprécié des entrepreneurs. Spark bénéficie aussi de la présence d'experts pouvant répondre rapidement aux éventuels problèmes rencontrés par les start-ups. «Mais attention, ils ne nous prennent pas par la main, on reste très autonomes», précise Matthieu Bouilloux, de Scrap and Share. Sa collègue, Vanessa Querville, conclut: «En plus, en faisant partie de la première promo d'un incubateur, on entre dans une brèche. C'est une sacrée opportunité». Dans le monde des start-ups plus qu'ailleurs, la nouveauté prime avant tout.

 

Des profils divers
C'est notamment ce que sont venus chercher Théophile et Antoine, deux jeunes diplômés d'école de commerce qui ont intégré le programme. Passionnés de gastronomie, ils ont eu l'idée à la fin de leurs études de lancer une application de partage de recettes, baptisée « Youmiam ». «  On cherchait un cadre de travail pour avancer plus vite. Ici, on a pu définir un calendrier avec des échéances à respecter. C'est plus structuré. Et cela nous permet d'entrer dans une nouvelle phase de notre projet », commentent les deux amis de lycée. L'apport technologique est aussi important. Microsoft met à disposition ses propres logiciels. «  On a accès à des technologies auxquelles on n'aurait jamais pensé », se réjouissent Julien et James.

Ces derniers ont développé une application, intitulée ForexGamers, permettant de miser de l'argent sur les variations des divers indices en Bourse. L'originalité du projet vient de la déclinaison de ces paris sous la forme d'animations inspirées de jeux vidéo. Les participants de Spark peuvent également s'entretenir avec des « coachs », qui travaillent pour Microsoft France, capables de répondre à toutes les questions d'ordre technique, mais aussi stratégiques. Certaines personnalités de l'univers du Web français, comme Gilles Babinet et Tariq Krim, organisent des ateliers sur place. Des connexions ont également été réalisées avec certains organismes de financement, comme France Angel.

Ces conseils sont précieux, même pour des entrepreneurs plus aguerris, comme Moktar et Florian. Ces deux anciens salariés de TF1, qui évoluaient dans la galaxie Web de la chaîne, ont imaginé une application appelée « UBQT », basée sur le concept de deuxième écran : l'idée est d'agréger, à partir d'un événement particulier (Festival de Cannes, Coupe du monde de football, Fashion Week...) l'ensemble des contenus disponibles sur le Web qui lui sont dédiés (tweets, photos, articles, blogs...) «  Pour faire fonctionner une telle application, il faut pouvoir traiter des volumes de données importants et disposer d'une infrastructure technique solide. Avec Spark, on bénéficie directement des compétences des experts Microsoft en "cloud computing". Cela nous a fait beaucoup avancer », se félicitent les deux associés.

 

 

 

Kelkoo, Deezer, PriceMinister, Criteo, Skype, Spotify... Souffrant de l'insuffisance des financements, ces start-up doivent aller chercher en Asie ou aux États-Unis des fonds pour continuer de croître.

Dailymotion passait sous contrôle de Yahoo!, il suivrait une voie empruntée par la plupart des grands succès européens d'Internet. Avant lui, Kelkoo, Skype, Spotify, PriceMinister ou Deezer se sont fait racheter partiellement ou en totalité par des groupes ou des fonds d'investissement étrangers.

Arrivées à maturité dans leur pays d'origine, ces start-up ont dû sortir de leurs frontières pour continuer de croître. Le suédois Spotify, qui s'est lancé en 2011 aux États-Unis, a multiplié par six le nombre de ses abonnés payants. Sa dernière levée de fonds, de 100 millions de dollars, a été alimentée par la banque d'affaires américaine Goldman Sachs et par Coca-Cola. Le développement en Asie du spécialiste français de la publicité ciblée Criteo s'est accompagné d'une levée de fonds de 30 millions d'euros menée par le japonais SoftBank Capital.

Les pépites du Web européen souffrent de l'insuffisance des financements européens. Deezer a levé 100 millions d'euros cet automne auprès du fonds américain Access Industries et auprès du milliardaire américano-russe Len Blavatnik, qui s'était offert la maison de disques Warner en 2011. «Nous avons rencontré tout le monde, mais il n'y a pas de fonds français qui joue dans cette catégorie», assure Axel Dauchez, PDG de la plate-forme de musique en streaming. Entre janvier 2010 et juin 2012, les investisseurs internationaux ont mené six des dix plus importants investissements de la période, selon le cabinet KPMG.

Des montagnes de cash
Les grands groupes high-tech ont retrouvé d'autant plus d'appétit qu'ils ont amassé des montagnes de cash qu'ils ne peuvent pas rapatrier sans acquitter d'impôts. Sur les 137 milliards de dollars de réserves détenus par Apple à la fin de l'année dernière, plus des deux tiers (94 millions) étaient à l'étranger. Résultat, quatre sociétés européennes figurent dans la liste de ses dix dernières acquisitions, plus qu'il n'en avait acheté depuis ses débuts. Lorsqu'il a mis la main sur Skype en 2011 pour 8,5 milliards de dollars, Microsoft a choisi de payer l'intégralité en cash.

Le passage sous influence étrangère ne signifie pas pour autant une perte complète d'autonomie. L'activité de Skype reste dirigée depuis le Luxembourg. Deezer affirme rester une entreprise «française». Spotify se plaît à rappeler qu'il est un acteur européen. PriceMinister a pour l'instant conservé sa marque et son modèle. Quant au français Kelkoo, racheté 475 millions de dollars par Yahoo! en 2004, il est même redevenu européen, quatre ans plus tard, lors que le site américain l'a revendu au fonds britannique Jamplant.

 

 

From : le Figaro , Economie matin ,....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Economie Commerce Finances Monnaie
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