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Le «Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux» (900 pages!) relève ainsi que 40% des médicaments «ont une efficacité faible ou nulle» et que 25% présentent «un risque potentiel» dont 5% «un risque majeur», selon une étude réalisée sur 2.200 spécialités. Pourtant, 70% des médicaments «peu efficaces» et 28% des médicaments «sans la moindre efficacité» continuent à être remboursés. «Il s'agit d'un livre d'information, pas d'opinion. Tout ce qui est dit est référencé et résulte de notre expérience à tous les deux, Bernard Debré et moi, et à l'analyse de milliers, de milliers et de milliers de publications», explique Philippe Even, directeur de l'Institut Necker, sur le site du Nouvel Observateur.

 

C'est un guide-choc qui provoque un malaise : près d'un médicament sur deux serait inutile, selon les professeurs Even et Debré, qui pointent le coût pour la Sécu, déjà dans le rouge. La pilule est amère pour l'industrie pharmaceutique.Le diagnostic est sans appel et fait tousser: près d'un médicament sur deux est inutile, un gaspillage qui coûte chaque année 10 à 15 milliards d'euros à la Sécu. Le pneumologue Philippe Even et l'urologue et député UMP de Paris, Bernard Debré, lancent un nouveau coup de gueule contre l'industrie pharmaceutique.

 

1 sur 20 potentiellement dangereux.
La France, toujours citée parmi les pays consommant plus de médicaments que de raison, voit paraître un nouvel ouvrage alarmiste sur sa situation pharmaceutique. Dans leur Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles et dangereux, Bernard Debré, chirurgien et député UMP, et Philippe Even, pneumologue, s'attaquent aux inefficacités du système français. Trop de molécules sans intérêt, voire nocives, sont tolérées sur le marché français et remboursées, notamment pour protéger l'industrie pharmaceutique hexagonale, dénoncent-ils. Le tout contribuant, selon eux, à plomber les comptes de l'Assurance-maladie.

 

Le livre recense ainsi «50% de médicaments inutiles, 20% de mal tolérés, 5% de “potentiellement très dangereux”». Ils en extraient une liste de 56 médicaments à suspendre immédiatement.

 

Les 56 médicaments dangereux ou inutiles  
Le livre des professeurs Philippe Even et Bernard Debré accuse 56 médicaments d'être inutiles ou d'avoir des risques biens supérieurs à leurs bénéfices.
Les professeurs de médecine Philippe Even et Bernard Debré, auteurs du Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles et dangereux demandent la suspension immédiate de 56 médicaments commercialisés en France, car ils sont inefficaces, inutiles (quand il existe des traitements plus efficaces ou moins risqués), voire dangereux. Ces 56 produits «sont à retirer dans l'intérêt des malades, sans tenir aucun compte de l'impact industriel ou des chantages à l'emploi», affirme l'ouvrage. Le laboratoire Servier, touché par le scandale du Mediator, est le plus cité dans cette liste.


Voici la liste des médicaments concernés, classés par domaines.
Cancérologie: Avastin (laboratoire Roche). Ce médicament utilisé contre plusieurs types de cancers est un antiangiogène, qui agit contre les tumeurs en empêchant la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins. Plusieurs assurances privées aux États-Unis et le système de santé public britannique refusent de rembourser ce traitement extrêmement coûteux, arguant qu'il ne soigne aucun cancer et ne permet au mieux que d'augmenter de quelques mois l'espérance de vie, avec des effets secondaires sur le système cardiovasculaire qui peuvent être très graves.
Rhumatologie: Protelos (laboratoire Servier). Ce traitement contre l'ostéoporose du groupe Servier fait l'objet d'une procédure de surveillance spéciale de la part des autorités de santé françaises car il est soupçonné d'augmenter le risque d'embolies pulmonaires, avec 8 décès à ce jour.


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Hexaquine et Quinine Vit. C. (lab. Goménol), et Okimus (Biocodex). Ces produits à base de quinine, ancien traitement contre le paludisme désormais obsolète, sont utilisés contre les crampes musculaires, avec une efficacité que les auteurs considèrent comme mauvaise.
Neurologie: Parlodel (Pfizer), Requip (GSK), Tasmar (Meda Pharma): ces médicaments utilisés contre la maladie de Parkinson ont une efficacité que les auteurs qualifient de faible, avec des effets secondaires qui vont de «manifestations d'hypersexualité explosive et dangereuse» à l'addiction au jeu.
Antidépresseurs et psychostimulants: Ritaline (Novartis), Concerta (Janssen-Cilag). Sur ces deux psychostimulants, la prescription de la ritaline pour les troubles de l'attention chez l'enfant est controversée.


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Tofranil (CSP), Anafranil (Sigma-Tau), Surmontil (Sanofi), Stablon (Servier). D'après le guide, les antidépresseurs présentent des risques importants d'accidents psychiatriques (hallucinations, violences, suicides). (14)
Gynécologie: La liste contient 16 pilules anticonceptionnelles macrodosées ou microdosées de 3e et 4e générations, ou purement progestatives, qui provoquent plus de phlébites et d'embolies pulmonaires que les pilules de 2e génération.
Cérazette, Nuvaring, Cycleane, Mercilon, Varnoline (Schering-Plough), Qlaira, Melodia, Jasmine-Jasminelle, Yaz (Bayer), Evra (Janssen-Cilag), Triafemi, Carlin, Holgyeme (Effik), Felixita (Theramex), Minesse (Wyeth), Belara (Grünenthal).


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Antidiabétiques: Byetta (Lilly), Victoza (Novo Nordisk). Risques importants pour ces deux molécules, qui provoqueraient des «complications multiples».
Galvus et Eucreas (Novartis), Januvia et Janumet (MSD), Xelevia et Velmetia (Pierre Fabre), Trajenta (Boehringer) et Onglyza (Bristol-Myers Squibb). Ces médicaments de la classe des gliptines seraient «sans efficacité», d'après les auteurs.
Cardiovasculaire: Quatre vasodilatateurs coronaires et artériels: Adancor (Serono), Ikorel (Sanofi), Vastarel et Trivastal (Servier). Procoralan (Servier), prescrit contre l'anti-insuffisance cardiaque. Un antiarythmique: Multaq (Sanofi). D'après LeNouvel Observateur qui cite les auteurs: «Les vasodilatateurs, l'anti-insuffisance cardiaque et l'antiarythmique cités sont inutiles et présentent des des complications cardiaques multiples.»


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Deux anti-anticoagulant et anti-agrégant: Ticlid (Sanofi), Pradaxa (Boehringer): le guide propose de les remplacer par des molécules plus anciennes, aussi efficaces mais moins dangereuses, comme l'aspirine, le plavix et les héparines.
Antitabac: Champix (Pfizer), Zyban (GSK): les auteurs affirment que ces deux produits n'ont rigoureusement aucun effet positif pour aider les fumeur à arrêter de fumer.
Anti-inflammatoires: Indocid (MSD), Nexen (Therabel), Ketum en pommade (Ménarini), Celebrex (Pfizer), Arcoxia (MSD). Le guide propose de les remplacer par d'autres molécules anti-inflammatoires présentant moins d'effets secondaires. Le Ketum en pommade, utilisé pour traiter entorses et tendinites, pourrait entraîner des brûlures graves en cas d'exposition au soleil.
Stimulant respiratoire: Vectarion (Servier). Selon le Pr Philippe Even, le Vectarion présente «moins d'intérêt qu'une tasse de café, et il est bien plus dangereux»

 

Les statines et certaines pilules dans le collimateur

Le professeur s'en prend tout particulièrement aux statines, les médicaments contre le cholestérol, avalés par trois à cinq millions de Français, une poule aux oeufs d'or pour l'industrie pharmaceutique, mais qui coûtent «à la France deuxmilliards d'euros par an». Le guide épingle aussi les pilules de 3e et 4e générations dont la plus grande efficacité n'est pas «démontrée» et qui comportent des risques accrus.* Phlippe Even, déjà co-auteur, avec le PrDebré, d'un rapport au vitriol sur le Mediator publié en 2011, ne mâche pas ses mots: la faute de cette dérive est à chercher dans le «laxisme, la démagogie, l'incompétence et la corruption». «En trois ans et demi, elle (NDLR: l'industrie pharmaceutique) double son capital et elle le quadruple en sept ans», assure-t-il. Il souligne que cette industrie «est la plus lucrative, la plus cynique, la moins éthique de toutes les industries». «Les médecins submergés n'ont pas conscience que certains médicaments ne servent à rien et coûtent cher», a souligné, pour sa part, le Pr Debré sur France Info, avant d'estimer qu'il n'était «pas là pour faire plaisir aux labos».

 

* des médicaments qui coûtent assez chers  souvent prescrits par (des) certains gynécologues , malgré la mise en garde des patientes ( conscientes des dangers potentiels des nouvelles molécules ) qui demandent un traitement classique    

 


L'analyse des deux professeurs de médecine reçoit un accueil mitigé parmi les experts français en pharmacologie. Ceux-ci reconnaissent à l'ouvrage le mérite de soulever des problèmes structurels régulièrement dénoncés depuis une vingtaine d'années: trop de produits inefficaces conservent leur autorisation de mise sur le marché, les consultations des médecins débouchent trop souvent sur des ordonnances inutiles, par réflexe culturel. Mais toutes les conclusions de ce guide colossal - 900 pages, d'une utilisation pas forcément évidente pour le grand public - ne sont pas forcément partagées.
«Des erreurs»«Il y a dans ce livre beaucoup de choses vraies, mais aussi de choses fausses», déplore ainsi le Pr Jean-François Bergmann, vice-président de la commission d'autorisation de mise sur le marché à l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), et chef de service de médecine interne à l'hôpital Lariboisière. «C'est vrai qu'il y a trop de médicaments redondants (n'apportant pas de réelle amélioration par rapport à la version ancienne, moins chère, NDLR), que la politique du générique n'est pas claire et que le prix de certains médicaments est disproportionné par rapport à leur efficacité. Mais les auteurs font aussi des erreurs. Contrairement à ce qu'ils disent, je considère l'Avastin (anticancéreux) comme un produit important, de même que le Byetta (antidiabétique), alors qu'eux souhaiteraient les suspendre. À l'inverse, ils citent comme produit d'excellence le Sintrom (antiacoagulant) que plus personne ne recommande depuis vingt ans. Leur livre reflète également une méconnaissance du circuit du médicament. Le tout n'inspire pas confiance.»
Pour Jean-Louis Montastruc, professeur de pharmacologie médicale à Toulouse, «il ne faut pas diaboliser les médicaments, qui soignent quand même beaucoup de maladies». «Un médicament s'inscrit toujours dans un contexte: il est donné à un patient avec une pathologie, un âge, des antécédents, qui permettront au médecin d'en estimer les bénéfices au regard des risques, rappelle-t-il. Car n'oublions pas qu'un médicament n'est jamais inoffensif. Sinon, cela voudrait dire qu'il est sans effet.»
Mieux informer les médecins Avec le Pr Bergmann, il partage le sentiment qu'un effort doit être fait par les autorités sanitaires pour mettre à disposition des médecins une information indépendante sur les médicaments, quasi inexistante en France. «Actuellement, les praticiens de ville sont essentiellement informés par les visiteurs médicaux payés par les laboratoires.»
Le Leem, fédération professionnelle des industriels du médicament, a pour sa part déploré mercredi soir des «amalgames et approximations» qui «contribuent à alarmer inutilement les malades et risquent de les conduire à arrêter de leur propre chef des traitements pourtant adaptés aux maladies dont ils souffrent».

 

 

CORRUPTION ET INCOMPÉTENCE  

Le livre de 900 pages recense ainsi, selon le Nouvel Observateur, "50 % de médicaments inutiles, 20 % de mal tolérés, 5 % de 'potentiellement très dangereux', mais, incroyable paradoxe, 75 % sont remboursés". Leur déremboursement rapporterait entre 10 à 15 milliards d'euros à la Sécurité sociale. Le Pr Even s'en prend tout particulièrement aux statines, les médicaments contre le cholestérol, "avalés par 3 à 5 millions de Français", qui coûtent "à la France 2 milliards d'euros par an" et qu'il juge "complètement inutiles".

 

Selon les deux médecins, pour régler le problème du manque d'argent dans le domaine de la santé et du déficit de l'Assurance-maladie, "il suffit de retirer du marché les médicaments dangereux, inutiles ou inefficaces". Pour M. Even, la faute de cette dérive est à chercher dans le "laxisme, la démagogie, l'incompétence et la corruption".

"Je crains que ce soit avant tout lié à l'incompétence, arrosée par la corruption assurée par l'industrie pharmaceutique pour se procurer les 20 % de bénéfices qu'elle s'accorde chaque année", dit le professeur. "En 3 ans et demi, elle double son capital et elle le quadruple en sept ans", assure-t-il.

 

"AMALGAMES ET APPROXIMATIONS" L'industrie pharmaceutique critique les deux auteurs du livre

L'industrie pharmaceutique (LEEM) a dénoncé de son côté "amalgames et approximations" dans cet "énième réquisitoire de Bernard Debré et Philippe Even". Ce livre "contribue à alarmer inutilement les malades et risque de les conduire à arrêter de leur propre chef des traitements pourtant adaptés aux maladies dont ils souffrent", a déclaré mercredi soir le LEEM, la fédération professionnelle des industriels du médicament.

"Que nous consommions trop de médicaments dans notre pays, c'est tout à fait évident", a réagi jeudi sur Europe 1 Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la santé. "De toutes les façons, les laboratoires qui demandent les autorisations sont obligés de s'appuyer sur des études d'efficacité qui méritent d'être revisitées", a ajouté l'ancienne ministre. "On a aussi tendance, dans notre pays, à prescrire les nouvelles molécules alors que des molécules plus anciennes (...) pourraient être utilisées", a relevé Mme Bachelot .

Question de molécules _«Les laboratoires qui demandent les autorisations sont obligés de s'appuyer sur des études d'efficacité qui méritent d'être revisitées», a précisé, hier, sur Europe1, Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Santé. «On a aussi tendance dans notre pays à prescrire les nouvelles molécules alors que des molécules plus anciennes (...) pourraient être utilisées», a-t-elle relevé. Dans la même veine, BrunoToussaint, directeur de la revue Prescrire, publication indépendante, voit plutôt d'un bon oeil la parution du guide. Selon lui, la «grande majorité» des nouveaux médicaments «n'apportent rien». 

 

Bernard Debré et Philippe Even s'étaient vu confier par l'ancien président Nicolas Sarkozy une mission suite à l'affaire du Mediator et lui avaient remis en mars 2011 un rapport au vitriol sur la réforme du système du médicament. Les deux professeurs estimaient notamment que l'affaire du Mediator était "beaucoup plus qu'un accident isolé".

Le diagnostic est sans appel et fait tousser: près d'un médicament sur deux est inutile, un gaspillage qui coûte chaque année 10 à 15milliards d'euros à la Sécu.

 

From : le Monde , le Figaro , NouvelObs,......

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Santé - Bien - être
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