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Dans la mythologie grecque, Prométhée vola le feu aux Dieux pour le donner aux hommes. Pour se venger, Zeus ordonna à Vulcain de créer une femme faite de terre et d’eau. Elle reçut des Dieux de nombreux dons : beauté, flatterie, amabilité, adresse, grâce, intelligence, mais aussi l’art de la tromperie et de la séduction. Ils lui donnèrent le nom de Pandore, qui en grec signifie "doté de tous les dons".

 

Elle fut ensuite envoyée chez Prométhée. Epiméthée, le frère de celui-ci, se laissa séduire et finit par l’épouser. Le jour de leur mariage, on remit à Pandore une jarre dans laquelle se trouvaient tous les maux de l’humanité. On lui interdit de l’ouvrir. Par curiosité, elle ne respecta pas la condition et tous les maux s’évadèrent pour se répandre sur la Terre. Seul l’espérance resta au fond du récipient, ne permettant donc même pas aux hommes de supporter les malheurs qui s’abattaient sur eux. C’est à partir de ce mythe qu’est née l’expression "boîte de Pandore", qui symbolise la cause d’une catastrophe.

 

 

 

Ouvrir la boîte de Pandore, c'est la raison d'être de Wikileaks. Depuis sa création en 2007, ce portail a collecté plus d'un million d'informations dites «sensibles et confidentielles». Dernier fait d'armes, qui ébranle le Pentagone : le bilan revu et corrigé des victimes collatérales du conflit afghan, auquel s'ajoute la révélation du soutien de l'Iran aux talibans. L'Australien Julian Assange, fondateur de Wikileaks et ex-hacker, se dit déterminé à démontrer que «le cours de la guerre doit changer.»

Le Pentagone n'est cependant pas le seul à avoir fait les frais de Wikileaks. Dans l'œil du cyclone : la banque islandaise Kaupthing Bank et ses prêts douteux, mais aussi la famille corrompue de l'ex-président kenyan Daniel Arap Moi, le compte e-mail privé de Sarah Palin utilisé à des fins professionnelles (ce qui est contraire à la loi), où encore les emails échangés entre les chercheurs du GIEC, à l'origine du «climategate». Mais quels sont les rouages de cette machine à scoops et qui est aux commandes ?

 

 

A l'image de Wikipedia, le portail de «fuites déontologiques» (comme se définit le site) repose sur un fonctionnement participatif. Le site invite «tous les responsables publics, bureaucrates, employés d'entreprise qui ont connaissance d'informations gênantes, que leur institution cherche à dissimuler mais que le public doit connaître» à se rendre sur Wikileaks pour comuniquer leurs informations. Le site compte aujourd'hui 800 «participants occasionnels» (avocats, journalistes, défenseurs des droits humains, spécialistes du cryptage de documents).

 

Se pose alors la question de l'anonymat des sources. «Les divulgateurs peuvent déposer des documents de façon anonyme et non identifiable», grâce aux «toutes dernières technologies de cryptographie», assure le site. Interrogé par CNN, Julian Assange affirme que l'équipe de Wikileaks a «rarement connaissance de l'identité des sources. Si nous les découvrons, nous les détruisons le plus tôt possible.» Ces gages n'ont pourtant pas suffi à préserver l'anonymat du soldat américain Bradley Manning, qui risque cinquante-deux ans de prison pour avoir transmis la vidéo d'une bavure de l'armée américaine en Irak.

 

L'acte relève, selon l'Etat américain, d'une atteinte à la sécurité nationale. D'où les tiraillements juridiques soulevés par l'activité de Wikileaks, dont les serveurs sont hébergés en Belgique et en Suède. L'an dernier, la divulgation de 500 000 SMS échangés par les New-Yorkais témoins du drame du 11 septembre 2001 avait déclenché un vif débat sur la protection de la vie privée.

 

 

Autre point litigieux : la fiabilité des documents diffusés par Wikileaks. Une question que le portail balaie d'un revers de main en s'appuyant sur le modèle de Wikipedia. «A la surprise d'un grand nombre de personnes, la sagesse collective d'une communauté d'utilisateurs bien informés peut permettre une diffusion, une vérification et une analyse avec rapidité et exactitude», explique le site. Wikileaks compte donc sur son bataillon de bénévoles pour effectuer ce travail minutieux de recoupement et de validation des informations divulguées par les informateurs anonymes.


L'Islande, terre d'accueil

Julian Assange n'est plus le bienvenu partout. «Certaines personnes ont peur pour ma vie», a-t-il déclaré au Guardian , ajoutant que cette crainte était sans doute infondée. Il admet cependant prendre quelques précautions en évitant de voyager dans certains pays, notamment aux Etats-Unis.

L'agitateur australien est en effet dans le viseur du ministère américain de la défense qui souhaite l'entendre sur les informations qu'il obtient. Il admet passer beaucoup de temps en Islande, où le Parlement a voté en juin dernier une résolution en faveur «d'organes de presse internationaux, de startups du secteur des nouveaux medias, d'organisations de défense des droits de l'homme et de centres de données informatiques.»

 

Selon son compte Twitter, le site de Wikileaks subirait actuellement une attaque de déni de service. Difficile de savoir d’où provient cette attaque, et surtout si cela va affecter les révélations prévues pour ce soir. Selon  le compte twitter de Wikileaks les rédactions d’El País, du Spiegel, du Guardian et du New-york Times publieront les documents ce soir quoiqu’il arrive. Ce message confirme nos informations.

 

 

Les grands sujets”
Dans une vidéo-conférence de presse cet après-midi Julian Assange a annoncé que les révélations des “StateLogs” traiteraient “toutes les questions majeures, des assassinats au Timor oriental aux agissements des banques privées américaines....

 

 

Der Spiegel fournit les détails
Partenaire de WikiLeaks depuis les Warlogs afghans, le magazine allemand Der Spiegel prend l’initiative de publier les repères chiffrés des Statelogs (MàJ de 17h55: l’article a été dépublié par Der Spiegel):

•251.287 mémos diplomatiques seront publiés (ce qui corrobore la thèse initiale)
•Parmi ceux-ci, 8.000 documents sont des directives du Département d’Etat américain
•Cinq rédactions sont partenaires: New York Times, Der Spiegel, le Guardian, El Pais et Le Monde
•15.652 mémos sont classifiés “secret”
•2,5 millions de fonctionnaires américains ont accès au système SIPRnet

 

 

SIPRNET, qu’est-ce que c’est?
Evoqué par le Spiegel, le réseau SIPRNET (pour Secret Internet Protocol Router Network) est le système qui permet aux employés du Département d’Etat et du Département de la Défense américains de communiquer entre eux des informations potentiellement sensibles. En ce sens, ce réseau interconnecté assure la confidentialité des communications jusqu’au niveau de classification “secret”. Aussi Global Security nous apprend-il que le

réseau est utilisé pour transmettre des documents “SECRET NOFORN” (Secret – Not Releasable to Foreign Nationals, Secret – à ne pas divulguer à des pays tiers)

Depuis sa généralisation au milieu des années 90, SIPRNET s’est démocratisé au sein de l’administration, au point de devenir le canal standard pour l’échange de données. 

 

 

 

Washington s'attend à des fuites massives de documents retraçant des discussions entre des diplomates américains et des gouvernements étrangers.
 
Après l'Afghanistan et l'Irak, le prochain sujet de divulgation du site WikiLeaks pourrait concerner les relations diplomatiques des Etats-Unis. Lundi dernier, le site spécialisé dans la révélation de documents confidentiels avait promis une prochaine publication sept fois plus volumineuse que les 400.000 documents confidentiels récemment publiés sur la guerre en Irak, sans donner plus de précision.

Mercredi, un porte-parole du Pentagone a estimé que les fuites seraient publiées en fin de semaine ou en début de semaine prochaine. Et Philip Crowley, le porte-parole du département d'Etat, a convenu se préparer «au pire scénario». Washington pourrait être embarrassé par la divulgation de ces documents, qui ont été rédigés par ses diplomates. En particulier s'ils mettent en cause des partenaires étrangers des Etats-Unis.

 

 


«Des mois à étudier les fuites» potentielles

«Nous avons passé des mois à étudier les fuites qui pourraient avoir lieu et l'impact potentiel (...) Nous sommes en contact avec nos postes dans le monde, qui ont commencé à informer les gouvernements que la publication de documents est possible dans un avenir proche», a affirmé Philip Crowley à la presse. «Ces révélations (...) vont créer des tensions dans les relations entre nos diplomates et nos amis dans le monde», a-t-il regretté, déplorant une initiative «nuisible à notre sécurité nationale».

«Nous ne savons pas ce qui va être publié», a toutefois assuré Philip Crowley. «Nous savons depuis le début que WikiLeaks a en sa possession des câbles du département d'Etat». Les câbles, qui sont les messages internes à la diplomatie, «comprennent des discussions que nous avons avec des responsables gouvernementaux et des citoyens privés», a encore expliqué le porte-parole.

Le département d'Etat et celui de la Défense ont mis sur pied des groupes qui seront chargé d'analyser les fuites après leur publication et travailleront de concert.

 

From : le Figaro , Owni ...

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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